Récit de mon voyage à Bali: mon itinéraire et la magie de l’île
Salut voyageurs,
Si c’est ta première fois ici, bienvenue! Je suis Marie-Soleil, blogueuse et directrice de l’agence Blogue & Voyage. J’ai une approche un peu différente d’une agence de voyages traditionnelle, qui passe d’ailleurs par cette plateforme de blogues, présente bien avant la création de l’agence. Je te partage mes expériences de voyage, comme si je t’amenais un peu avec moi aux quatre coins du monde. Écrire cet article m’a pris du temps. Beaucoup plus de temps que prévu. Pas par manque d’envie, bien au contraire, mais parce que je ne voulais pas simplement raconter, je voulais ressentir. Je voulais laisser chaque mot se déposer naturellement, en me replongeant dans mes photos, dans mes souvenirs, dans ces émotions brutes qui m’ont habitée tout au long du voyage. Je ne voulais pas simplement dérouler un texte et te le livrer rapidement, je voulais t’emmener avec moi, revivre chaque instant à travers les mots.
C’est plongée dans ces sentiments qu’aujourd’hui, je t’emmène avec moi à Bali, une île qui a bouleversé mon cœur et mon esprit. Ce voyage n’était ni un groupe organisé, ni une formation, ni une collaboration. Juste une aventure ultra personnelle, où j’ai pu explorer l’île à mon propre rythme. J’étais en quête d’authenticité, avec une envie folle de décrocher complètement et de faire une pause après une année plus que mouvementée. L’idée de Bali m’est venue un peu par hasard… et quelques semaines plus tard, j’y étais, prête à me laisser guider par le moment présent.
Ce blogue est plus long que d’habitude, parce qu’il regroupe l’entièreté de mon récit à travers Bali. Chaque moment, chaque ville, chaque ressenti. Bien que j’avais prévu les grande lignes, c’était un voyage qui n’avait d’attente, juste un flot d’expériences spontanées que j’ai envie de vous partager comme elles se sont déroulées. Un condensé de trois semaines, incluant le voyagement, avec au total six avions et environ cinquante heures de vol pour l’aller-retour.
Mais pourquoi j’ai choisi Bali?
Je me suis posé cette question à moi-même avant de sauter dans le premier avion. Je cherchais une destination qui allait au-delà des belles plages et des paysages paradisiaques, un endroit où je pourrais me connecter à quelque chose de plus profond, de plus spirituel. J’avais lu que Bali est surnommée “l’île des Dieux”, et ça, ça m’a appelée. J’avais besoin d’un voyage spontané, presque intuitif, et c’est comme si l’île me chuchotait de lui rendre visite. Et j’ai été servie.
Bali, c’est aussi une terre de café. Et si tu me connais, tu sais que j’adore le café, que je le goute de manière traditionnelle dans chaque ville du monde où je mets les pieds. Chaque matin, le plaisir de boire un café fraîchement moulu, souvent cultivé sur place, fait partie des petits bonheurs quotidiens. Le café balinais est à la fois fort et doux, avec une richesse de saveurs qui reflète la générosité de cette terre volcanique. Boire un café à Bali, c’est un peu comme goûter l’âme de l’île.
Impossible de parler de Bali sans évoquer la religion et la spiritualité, omniprésentes dans la vie quotidienne des Balinais. Chaque jour, des offrandes sont déposées devant les maisons, les boutiques et les temples. Ces petits paniers tressés remplis de fleurs, de riz et d’encens sont des gestes de gratitude envers les dieux, mais aussi des protections contre les esprits. Voir ces offrandes colorées chaque matin m’a rappelé à quel point la spiritualité est ancrée dans chaque aspect de la vie balinaise. Ce rituel est une belle leçon de gratitude et de respect envers les forces qui nous entourent.
Mon premier arrêt, Uluwatu
Uluwatu est une des destinations de l’île qui incarne à elle seule la beauté brute et sauvage de Bali. Connue pour ses falaises abruptes qui plongent dans l’océan et ses vagues légendaires qui attirent les surfeurs du monde entier, cette région est bien plus qu’un simple paradis pour amateurs de surf. Entre ses plages secrètes, ses temples perchés et son énergie vibrante, Uluwatu est une fusion parfaite entre nature et spiritualité.
La première plage que j’ai visité est Padang Padang Beach. Située sur la péninsule de Bukit, cette plage n’est pas immédiatement visible depuis la route principale. Pour y accéder, il faut descendre un escalier étroit taillé à même la roche, qui serpente entre des formations calcaires impressionnantes. L’entrée se fait par une petite ouverture naturelle, presque une faille dans la falaise, donnant l’impression de pénétrer dans une cachette secrète, préservée du monde extérieur.
En bas, le décor est digne d’une carte postale, la plage de sable doré, bordée de falaises abruptes où les arbres semblent s’accrocher comme par miracle. L’eau y est cristalline, oscillant entre le turquoise et l’émeraude selon la lumière, et de grands rochers émergent ici et là, formant des petits bassins naturels parfaits pour se rafraîchir.
Padang Padang est aussi un spot de surf, notamment pour ceux qui maîtrisent déjà les vagues. Loin du rivage, une barrière de corail crée de puissants rouleaux, attirant des surfeurs du monde entier qui viennent y tester leur équilibre. Depuis la plage, on peut les observer glisser avec fluidité sur l’eau, un spectacle fascinant qui donne envie de rester là, simplement à regarder.
Malgré sa petite taille, cette plage a une atmosphère bien à elle. À marée basse, le sable est spacieux et l’eau peu profonde, ce qui la rend parfaite pour une baignade paisible. À marée haute, l’espace se réduit, et l’océan reprend ses droits, venant lécher les rochers et transformant le lieu en une petite piscine naturelle. Padang Padang Beach a aussi été plus connu grâce au film “Mange, Prie, Aime”, où Julia Roberts arpente justement ce sable doré. Mais même avec cette popularité, elle a su garder son charme et son ambiance intimiste. Il n’y a pas ici de longues rangées de transats ni de bars bruyants, juste quelques petits warungs locaux où l’on peut acheter une noix de coco fraîche ou un nasi goreng après avoir profité du soleil.
J’ai passé un long moment à simplement m’imprégner de l’atmosphère, à écouter le bruit des vagues résonner contre les falaises, à observer les singes espiègles qui rôdent parfois près de l’entrée en quête de nourriture facile.
À Uluwatu, chaque plage a son caractère, et Blue Point Beach en est la preuve. Accessible uniquement par un escalier escarpé taillé dans la falaise, cette crique cachée se dévoile au gré des marées.
À mon arrivée, la mer recouvrait presque entièrement le sable, rendant la plage inaccessible. J’en ai profité pour flâner dans les petites boutiques perchées, observer les surfeurs expérimentés glisser sur les vagues impressionnantes d’Uluwatu, et savourer un dîner avec une vue imprenable sur l’océan Indien.
Puis, lentement, la mer s’est retirée, révélant des criques secrètes et des piscines naturelles creusées dans la roche, offrant un tout autre décor. Les falaises abruptes, sculptées par le temps, créent une atmosphère presque mystique, et l’eau, piégée dans des bassins transparents, devient un véritable miroir du ciel. Blue Point Beach est une expérience qui se vit avec patience. À marée haute, elle intrigue et captive. À marée basse, elle récompense ceux qui savent attendre, dévoilant un paysage éphémère, façonné par le rythme naturel de Bali.
Mais Uluwatu ne se limite pas à ses plages. Ce qui m’a particulièrement frappée, c’est l’ambiance décontractée et bohème qui règne ici. Des petites boutiques artisanales, souvent bien dissimulées, proposent des trésors balinais: sculptures en bois, bijoux en argent, textiles tissés à la main. Côté gastronomie, on trouve autant de warungs traditionnels que de restaurants plus modernes, souvent cachés dans des coins insoupçonnés, où l’on déguste des plats frais et parfumés à des prix dérisoires.
L’un des moments les plus marquants de mon passage à Uluwatu a sans doute été le coucher de soleil au temple d’Uluwatu. Ce temple sacré, perché sur une falaise vertigineuse, offre une vue à couper le souffle sur l’océan Indien. C’est ici que j’ai assisté à la célèbre danse Kecak, une performance envoûtante où une centaine de danseurs entonnent des chants rythmés autour du feu, racontant l’histoire du Ramayana au fil du crépuscule. Le ciel s’embrasait de teintes orangées et violettes, la mer rugissait en contrebas, et l’énergie du moment était presque irréelle. Un instant suspendu, entre spiritualité et magie balinaise.
Uluwatu, c’est une invitation à ralentir, à se perdre et à se laisser porter. Que vous soyez amateur de surf, amoureux de nature ou en quête de moments de contemplation, cette région a quelque chose d’unique à offrir. Une introduction parfaite à ce que Bali avait en réserve pour moi… et ce n’était que le début.
Ubud, le poumon vert de Bali
Après Uluwatu, direction Ubud, où la nature semble avoir repris ses droits sur tout ce qui l’entoure. Ici, tout est luxuriant, comme si la jungle avalait doucement les bâtiments, les temples et les routes. La végétation grimpe sur les murs, les racines percent le sol, et chaque coin de rue semble caché sous des tas d’arbres tropicaux. Ubud respire un Bali plus spirituel, plus enraciné, où la nature et la culture s’entrelacent harmonieusement.
Ubud, c’est aussi le royaume des cascades, et j’avais hâte d’en explorer quelques-unes. Kanto Lampo était ma première halte, guidée par ce que j’avais vu sur des blogues et des vlogues. Une chute d’eau en escalier qui se jette dans un bassin clair, formant un décor presque irréel, comme un tableau vivant. Pourtant, l’expérience a vite été refroidie par les longues files de touristes, chacun attendant son tour pour la fameuse photo Instagram parfaite. Ce lieu, pourtant magique, avait perdu une part de son âme. Difficile de simplement admirer la beauté brute de la nature quand l’authenticité est éclipsée par des mises en scène à la chaîne. Après quelques minutes à observer, j’ai préféré faire demi-tour, refusant d’attendre des heures pour un cliché qui n’aurait de toute façon pas capté l’émotion du moment.
À l’inverse, Tibumana m’a offert un tout autre ressenti. Un sentier verdoyant, bordé de cocotiers et de fougères géantes, mène à cette cascade plus discrète. En arrivant, j’ai découvert un mur d’eau qui tombe en un seul jet parfait, dans un bassin paisible, presque mystique. Il y avait très peu de monde, et c’est peut-être ce qui a rendu l’expérience si spéciale. Seule face à cette cascade imposante, bercée par le bruit de l’eau et l’odeur humide de la roche, j’ai pris un moment pour me poser, pour simplement être là. C’était exactement ce que je recherchais: un face-à-face avec la nature, sans artifice.
Ubud est un tourbillon de couleurs, d’odeurs et de textures, et son marché traditionnel est l’un des meilleurs endroits pour en ressentir toute l’énergie. Dès que l’on y met les pieds, une explosion de vie s’offre à nous. Des étals d’épices aux teintes flamboyantes, où les senteurs de cannelle, de curcuma et de gingembre s’entremêlent, des tissus colorés suspendus, des artisans qui sculptent le bois à même le sol… C’est une immersion sensorielle.
Je me suis laissée porter par le labyrinthe des allées, m’arrêtant pour toucher les tissus en et sentir le bois finement sculpté des statuettes traditionnelles. Chaque recoin du marché semble raconter une histoire, chaque objet vendu ici est le reflet d’un savoir-faire balinais ancestral.
Impossible de venir à Ubud sans visiter la célèbre Forêt des Singes, un sanctuaire où des centaines de macaques évoluent en liberté parmi d’anciens temples recouverts de mousse. L’entrée dans cette forêt est comme un voyage dans un autre monde: les arbres immenses forment une cathédrale végétale, les lianes tombent en rideaux, et l’on se sent presque dans un décor de film d’aventure.
Mais ici, les véritables maîtres des lieux, ce sont les singes. Ils sont partout sautant de branche en branche, jouant, volant des objets aux visiteurs distraits. Leur malice est légendaire, et il faut rester sur ses gardes—ou mieux, ranger ses lunettes et tout ce qui pourrait les intéresser. J’ai observé avec amusement une scène digne d’un dessin animé: un touriste tentant de récupérer son chapeau alors qu’un macaque, perché sur une statue sacrée, le narguait sans intention de le rendre.
Après cette visite, j’ai pris le temps de m’attabler au The Monkey Legend, un petit café tout près du sanctuaire. Avec une vue plongeante sur la jungle environnante, j’ai savouré des saveurs locales. Un petit moment suspendu, entre la rumeur lointaine de la forêt et la douceur d’un dîner balinais à la fois délicieux et authentique.
Quand on pense à Bali, on imagine souvent ses rizières en terrasses, sculptées à la main par des générations de cultivateurs. Tegalalang est sans doute l’une des plus célèbres, et aussi l’une des plus touristiques. C’est vrai qu’en arrivant, l’afflux de visiteurs, les balançoires “instagrammables” et les cafés panoramiques peuvent en ôter un peu la magie. Pourtant, en prenant un instant pour ignorer la foule et juste observer, j’ai été frappée par la beauté de ces paysages façonnés par l’homme, par l’équilibre fragile entre nature et culture.
Mais je voulais voir plus loin, trouver des rizières encore intactes, où les paysans travaillaient toujours selon les méthodes traditionnelles. En flânant dans Ubud, une petite affiche a attiré mon attention: Way to magical rice fields. Intriguée, j’ai suivi le sentier sans trop savoir où il allait me mener et malgré le fait qu’il me semblait très douteux.
Quelques minutes plus tard à peine, le bruit de la ville avait disparu. J’étais entourée de champs à perte de vue, avec quelques agriculteurs au travail, pieds nus dans l’eau, ajustant délicatement les jeunes plants de riz. La lumière dorée de la fin d’après-midi baignait les terrasses en un jeu d’ombres et de reflets, donnant à l’endroit une aura presque irréelle. J’ai marché, sans croiser d’autres touristes, m’imprégnant de la sérénité du lieu.
C’était exactement ce que je cherchais. Pas un spot à la mode, pas un lieu listé dans tous les guides, mais un moment volé à l’authenticité de Bali.
Plus que n’importe quelle autre région de Bali, Ubud m’a fait ressentir une énergie particulière. Ici, tout semble respirer plus lentement, comme si la nature et la culture se répondaient en silence. C’est un lieu où l’on apprend à écouter, à observer, à s’imprégner.
Amed: détente et ressourcement au cœur des montagnes
Après plusieurs jours d’exploration, de routes sinueuses et de découvertes à un rythme assez soutenu, mon corps et mon esprit réclamaient une pause. Ce besoin de ralentir, de me poser sans pression d’itinéraire, je l’ai trouvé à Amed, un village de pêcheurs niché entre les montagnes et l’océan, loin du tumulte des villes touristiques. Ici, tout semble aller à un autre rythme.
Dès mon arrivée, j’ai senti le contraste frappant avec les endroits plus animés de Bali. Amed est une invitation à respirer autrement. Le bruit des klaxons a laissé place au son des vagues, les journées ne sont plus dictées par des plans définis, et le temps semble s’étirer doucement sous le soleil tamisé. Les barques colorées des pêcheurs, appelées jukungs, tanguent doucement sur l’eau, attendant l’heure de la prochaine sortie en mer. Les habitants, eux, vivent au gré des marées, avec cette sérénité propre à ceux qui ont appris à écouter l’océan.
J’ai posé mes valises au Mathis Lodge Amed, un havre de paix perché entre collines luxuriantes et mer infinie. Ici, la nature semble avoir repris tous ses droits, comme si l’humain n’avait fait que s’y installer discrètement, sans la déranger. Les bungalows en bois et pierre volcanique, suspendus à flanc de montagne, offrent une vue à couper le souffle sur l’horizon, où le bleu de la mer contraste avec les couleurs de la végétation. Dès mon arrivée, j’ai ressenti une légèreté nouvelle. Ce n’était pas juste une pause physique, mais un lâcher-prise bien plus profond, une reconnexion à quelque chose de plus essentiel.
C’est ici que j’ai vécu un des moments les plus enveloppants de mon voyage: un massage balinais, suivi d’un bain d’huile et de pétales de fleurs en pleine forêt.
Le massage balinais est une expérience en soi. Bien plus qu’un simple soin, c’est une philosophie, un art ancestral où chaque geste vise à rétablir l’équilibre entre le corps et l’esprit. Je me suis laissée porter par les mains expertes des thérapeutes, sentant mes muscles se délier lentement sous des pressions profondes et des étirements fluides. L’huile chaude glissait sur ma peau, imprégnée de fragrances exotiques—ylang-ylang, coco, bois de santal—tandis que la mélodie de la jungle berçait ce moment suspendu.
Puis est venu le bain floral, un rituel à la fois simple et sacré en Indonésie. Je me suis glissée dans l’eau tiède, où flottaient des centaines de pétales colorés, formant une mosaïque éphémère à la surface. Autour de moi, la forêt vivait.Le chant des oiseaux, le bruissement du vent dans les feuilles, le murmure lointain de la mer… Tout semblait me dire de lâcher prise, d’être pleinement là.
Et pour la première fois depuis longtemps, j’ai respiré autrement. Lentement, profondément, en conscience. Pas cette respiration automatique que l’on oublie en courant après le temps, mais une respiration qui ancre, qui apaise, qui aligne. Ce n’était pas juste un instant de détente, c’était une véritable renaissance.
Amed m’a ramenée à moi-même. Ce séjour n’a duré que quelques jours, mais il a eu l’effet d’un reset total. J’ai appris ici que s’arrêter n’est pas perdre du temps, mais en gagner. J’ai compris que le silence est un luxe précieux, que la nature a cette capacité unique de guérir ce que l’on ne sait même pas avoir besoin de réparer.
Quand j’ai quitté ce havre de paix, j’ai eu le sentiment d’avoir laissé une version plus fatiguée de moi derrière. Quelque chose en moi s’était déposé, un ancrage plus profond, une paix plus sincère.
Et je savais que cette pause, ce souffle entre deux vagues, allait me suivre bien après avoir quitté Amed.
Nusa Penida: exploration sauvage entre plages et falaises
Mon exploration de cette île qui appartient à Bali a commencé sur la côte ouest de Nusa Penida, réputée pour ses paysages à la fois grandioses et sauvages. Pour ce séjour sur l’île, j’avais choisi de poser mes valises dans une villa privée au Maua Nusa Penida, un havre de paix niché au sommet des collines.
Dès mon arrivée, j’ai senti que ce lieu allait être bien plus qu’un simple hébergement. Le Maua Nusa Penida est conçu comme un sanctuaire où l’élégance se mêle à la nature brute de l’île. La villa, avec sa piscine privée à débordement, offrait une vue imprenable sur la végétation luxuriante et les reliefs accidentés de Nusa Penida. Loin de l’agitation des routes cahoteuses et des sentiers escarpés, c’était un refuge parfait après mes journées d’exploration.
L’ambiance ici est apaisante, presque hypnotique. Les bruits de la nature remplacent ceux du monde extérieur, le vent caresse doucement les feuilles des palmiers, le chant des oiseaux tropicaux accompagne le lever du soleil, et chaque matin, le spectacle du ciel se teintant d’orange au-dessus des collines semblait suspendre le temps.
Le soir, l’atmosphère devenait encore plus envoûtante. La piscine éclairée par des lumières douces, la brise chaude qui effleurait la peau, et l’impression d’être seule au monde, enveloppée par la quiétude de l’île. Ce lieu, à la fois raffiné et intimiste, m’a offert des moments de pure sérénité, contrastant avec l’énergie brute des paysages que j’allais découvrir.
Prête à partir à l’aventure, j’ai quitté ce cocon perché sur les hauteurs, impatiente d’explorer les trésors de Nusa Penida…
Premier arrêt, Broken Beach (Pasih Uug), un site naturel fascinant où une arche rocheuse s’élève au-dessus des vagues, formant un lagon circulaire d’un bleu éclatant. Le spectacle est hypnotisant: l’eau s’engouffre sous l’arche, tourbillonne, puis ressort avec une puissance brute, comme si l’océan jouait à cache-cache avec la roche. L’endroit est magnifique, presque irréel, et contrairement à d’autres spots de Bali, ici, on ne descend pas sur la plage—on l’admire d’en haut, comme un secret jalousement gardé par la nature.
Puis, direction Kelingking Beach, l’un des paysages les plus iconiques de Bali. Cette falaise en forme de tête de T-Rex qui plonge dans la mer est un véritable spectacle. D’en haut, la vue est vertigineuse, une langue de sable doré encerclée par une mer d’un bleu surréaliste. Descendre jusqu’à la plage, c’est un défi en soi. L’escalier taillé à même la roche est raide, chaotique, et le soleil tape fort. Je te suggère d’éviter si tu n’as pas la condition physique. Je ressentais devant ce paysage, l’immensité de l’océan, les vagues puissantes qui viennent s’écraser sur le rivage, et cette sensation d’être minuscule face à la force des éléments.
Après ces découvertes, j’ai fait une pause à Crystal Beach, une plage parfaite pour se rafraîchir et profiter d’un décor de carte postale. Son nom n’est pas volé, l’eau y est d’une clarté exceptionnelle, laissant entrevoir les récifs coralliens et les bancs de poissons. Ici, tout invite à ralentir. Le bruit des vagues, les transats en bois posés sous les palmiers, et la douceur de l’air marin qui caresse la peau.
De l’autre côté de l’île, à l’est, j’ai vécu des moments plus intimes, loin de l’agitation des spots les plus connus.
Diamond Beach m’a particulièrement marquée. Le genre d’endroit qui semble tout droit sorti d’un rêve. Pour y accéder, il faut emprunter un escalier abrupt, sculpté à même la falaise. La descente est un peu sportive, mais chaque marche franchie révèle un panorama encore plus époustouflant. En bas, le sable blanc contraste avec l’eau turquoise, tandis que les hautes falaises vertigineuses encerclent la plage, comme pour la protéger du reste du monde. L’endroit a quelque chose de sacré, une beauté pure et brute que peu de voyageurs prennent réellement le temps de découvrir.
Puis, dernière étape sur ce côté de l’ile, et non des moindres: le temple Goa Giri Putri, un lieu que je n’oublierai pas. Le nom Goa Giri Putri n’a rien d’anodin. En balinais, il signifie “La grotte de la princesse de la montagne”, un hommage à l’énergie féminine divine qui imprègne ce lieu sacré. Dans la culture balinaise, l’équilibre entre les énergies masculines et féminines est essentiel, et Goa Giri Putri représente cette polarité en mettant en avant la force douce et protectrice du féminin sacré. Ce n’est pas seulement un lieu de culte, mais un sanctuaire de purification, un espace où l’on vient se recentrer, se débarrasser des énergies négatives et trouver une forme de réconfort spirituel.
Ce temple troglodyte est un secret bien gardé, dissimulé dans une grotte massive. Après avoir franchis plusieurs marches inégales, l’entrée est presque invisible—une simple ouverture étroite dans la roche, si discrète que l’on pourrait facilement passer à côté sans la remarquer. Mais une fois à l’intérieur… L’espace s’ouvre sur une immense cavité, où l’air est chargé d’encens et d’humidité souterraine.
Mon amie et moi, nous étions littéralement les deux seules touristes sur place, ce qui a rendu l’expérience encore plus mystique. Assises sur le sol frais de la grotte, entourées de fidèles en prière, j’ai ressenti cette connexion si particulière que seul Bali sait offrir. Ici, pas de paillettes ni de mises en scène pour Instagram. Juste le silence, les chants lointains, et cette atmosphère solennelle qui invite à l’introspection.
Si Bali est une île d’émotions, alors Nusa Penida en est le cœur battant. Ici, chaque paysage raconte une histoire, chaque lieu porte en lui cette sensation de bout du monde, où l’humain n’est qu’un spectateur face à la puissance de la nature.
J’ai quitté Nusa Penida avec le sentiment d’avoir touché à quelque chose de rare. Une beauté qui ne se laisse pas dompter, une île qui impose son rythme, qui force à l’humilité et au respect.
Et je savais que cette aventure resterait gravée en moi longtemps après avoir quitté ses falaises abruptes et ses plages secrètes.
Candidasa et Tenganan: une rencontre marquante avec Made
Mon aventure balinaise s’est achevée à Candidasa, une petite ville côtière qui contraste avec le reste de l’île. Ici, pas de plages bondées ni de bars animés, mais une atmosphère plus sereine, où l’on sent que le temps s’écoule différemment. Les pêcheurs partent en mer aux premières lueurs de l’aube, les locaux se croisent en souriant sur les petits marchés matinaux, et la mer s’étire à perte de vue, bordée par des collines verdoyantes qui semblent protéger cette partie de l’île du tumulte du monde extérieur.
J’avais choisi de séjourner dans un hébergement discret mais charmant, où les sons de la nature remplaçaient ceux de la ville, et où chaque réveil s’accompagnait du bruit des vagues et du chant des oiseaux tropicaux. Cette escale, loin du tourisme de masse, m’a permis de ralentir encore plus, d’apprécier la douceur de la fin de mon voyage, et de me préparer à une rencontre qui allait profondément me marquer.
À quelques kilomètres de Candidasa se trouve Tenganan, un village balinais encore préservé, où les traditions se transmettent de génération en génération. C’est ici que j’ai rencontré Made, un habitant du village, dont la simplicité et la sagesse allaient profondément résonner en moi.
Dès nos premiers échanges, j’ai senti que cette rencontre allait être différente. Il connaissait quelques mots de français, mais c’est surtout dans un anglais teinté de son accent balinais que nous avons discuté. Made n’a jamais quitté Bali, et très peu son village. Il vit au rythme des saisons, en connexion avec la nature et les éléments qui l’entourent. Il était vêtu modestement, presque pieds nus, portant un sarong, cette longue étoffe nouée autour de la taille, que les Balinais portent au quotidien, notamment pour les cérémonies religieuses. Sur sa tête, un udeng, un genre de chapeau traditionnel balinais.
Le sarong et l’udeng ne sont pas de simples vêtements, ils ont une signification spirituelle et culturelle profonde. Le sarong représente l’équilibre et la connexion à la terre, tandis que l’udeng, souvent porté par les hommes lors des prières ou des rituels, symbolise la maîtrise de l’esprit et la sagesse intérieure. Chez les Balinais, chaque vêtement est imprégné de sens et de traditions, et le simple fait de les porter témoigne du respect des croyances. Les touristes doivent également porter le sarong lors des visites des temples ou des lieux sacrés. Ici, même les statues sont souvent ornés de sarongs. Et tu verras souvent un tissu carrelé de blanc et de noir, un motif qu’on retrouve partout à Bali, notamment autour des temples, des statues et même des arbres sacrés. Ce tissu, appelé “poleng”, est un puissant symbole d’équilibre dans la culture balinaise.
Le poleng représente le dualisme fondamental de la vie, l’équilibre entre le bien et le mal, la lumière et l’ombre, l’ordre et le chaos. Dans l’hindouisme balinais, tout repose sur le concept du Rwa Bhineda, l’harmonie entre les opposés. À Bali, il n’existe pas de bien absolu ni de mal absolu, mais un équilibre fragile que chacun doit préserver. C’est pourquoi les tissus à carreaux noirs et blancs sont omniprésents, que ce soit en guise de protection spirituelle autour d’un temple ou portés lors des cérémonies traditionnelles.
Made m’a aussi parlé d’un geste que j’avais vu partout à Bali mais dont je ne connaissais pas la véritable signification. Les Balinais portent instinctivement les mains jointes près du cœur en inclinant légèrement la tête lorsqu’ils se croisent. Ce geste, appelé “Sembah”, est bien plus qu’une simple salutation, ce geste, fait avec sincérité, est une manière d’accueillir l’autre avec humilité et bienveillance, dans le moment présent. Made m’a expliqué que joindre ses mains près du cœur rappelle que chaque interaction doit venir d’un lieu de paix intérieure, une philosophie que l’on retrouve dans tous les aspects de la vie balinaise. Nous avons passé un long moment ensemble, à l’ombre des arbres centenaires, à parler de tout et de rien—de la religion, des valeurs, du rapport à l’argent, mais aussi de sujets plus profonds, comme la dépression et l’anxiété.
Ce qui m’a frappée chez lui, c’est sa perception du monde, si éloignée de la nôtre. Pour lui, la vie n’a pas besoin d’être compliquée. Il m’a parlé de méditation, mais pas comme une pratique codifiée ou spirituelle. Il médite en vivant simplement, en étant dans l’instant, en accueillant les pensées sans s’y attacher. Il m’a aussi confié sa méthode pour éliminer les pensées négatives: les visualiser, les reconnaître, puis les souffler doucement dans l’air, comme des feuilles emportées par le vent.
J’étais fascinée par sa vision apaisée de la vie, par cette sagesse qui ne vient pas des livres, mais de l’expérience et d’une profonde connexion avec ce qui l’entoure. Nos réalités étaient si différentes, et pourtant, ses paroles trouvaient un écho en moi.
Avant de nous quitter, Made m’a invité chez lui, où j’ai eu le privilège d’entrer dans son quotidien. Dans sa maison simple mais empreinte d’authenticité, lui et sa femme fabriquent des tissus traditionnels et créent des œuvres d’art sur des feuilles de palmier séchées.
J’ai observé ses mains habiles tracer délicatement des motifs, chaque geste porteur d’un savoir-faire ancestral. Chaque dessin raconte une histoire, inspirée de la nature, des croyances locales, du cycle de la vie. Son épouse, assise à ses côtés, tissait un tissu ikat avec une patience infinie, un art qui demande des semaines, parfois des mois, pour être achevé.
À travers ces créations minutieuses, j’ai ressenti toute la richesse culturelle de son monde, où le temps n’est pas une contrainte mais un allié, où la valeur des choses ne se mesure pas à leur prix, mais à l’énergie et au soin qu’on leur consacre.
Quand il fut temps de partir, j’ai senti que cette rencontre m’avait changée. J’étais venue à Bali en quête d’authenticité, d’un voyage spontané, sans plan précis, et c’est dans cet échange imprévu que j’ai trouvé l’un des moments les plus précieux de mon séjour.
Made m’a rappelé une vérité essentielle, souvent oubliée dans nos vies rythmées par l’urgence et l’efficacité: le bonheur ne se trouve pas dans la complexité, mais dans la simplicité.
Je suis repartie de Tenganan avec un morceau de cette sagesse gravé en moi, et avec l’envie d’appliquer, à ma manière, cette façon de voir le monde—plus lentement, plus consciemment, plus simplement.
Bali m’avait déjà bouleversée, mais cette dernière rencontre a été la touche finale d’un voyage qui, bien au-delà des paysages, m’a profondément transformée.
Bali, un voyage de cœur
Bali n’a pas été un simple voyage. C’était une expérience viscérale, une île qui a laissé son empreinte bien au-delà des paysages et des rencontres. Un voyage qui m’a marquée, qui m’a transformée, qui m’a ramenée à l’essentiel.
Bali, c’est le contraste parfait entre l’intensité et la douceur. C’est l’agitation des marchés et le silence des rizières, la force brute de l’océan et la quiétude d’un temple caché. C’est une terre qui invite autant à l’exploration qu’à l’introspection, où chaque rencontre, chaque lieu, chaque moment semble porteur d’un message.
J’espère que ce récit t’aura transporté autant qu’il m’a transportée en l’écrivant, et peut-être même donné envie de vivre Bali à ta manière, en dehors des itinéraires tracés, en suivant ton propre rythme, tes propres envies. Parce que Bali ne se visite pas, elle se vit.
À très bientôt, pour de nouvelles inspirations et, qui sait, peut-être ta prochaine grande évasion.
Marie-Soleil xx